☔Spitzbergs – Août 2018☔

Retour dans le Grand Nord pour y trouver l’Ours !?

A mon retour des Spitzbergs en Avril, et surtout après le fait de ne pas avoir vu l’Ours, je me suis décidée pour repartir fin Août… sur un coup de tête. J’ai trouvé des vols pas trop chers pour des dates un peu « hors vacances » et j’ai sauté sur l’occasion.
Alors oui, c’était un peu fou. J’aurais passé toutes mes vacances au Nord ou presque. Mais honnêtement, cet endroit me passionne… je m’y sens comme chez moi et j’ai encore pleins d’activités différentes à faire pour approfondir ma visite de cette île.

Me voilà repartie.

Je prends le train pour l’aéroport de Zurich. Puis mon avion pour Oslo décolle.

Après ce premier vol, j’ai encore 6h d’attente à l’aéroport…
J’avais déjà visité Oslo la dernière fois, cette fois-ci, j’ai décidé de rester à lire et me promener dans l’aéroport. Il y a tout ici, de bons petits restos, des boutiques… il y a de quoi s’occuper.

Vers 22h, c’est le moment de décoller pour Longyearbyen. Je commence à être fatiguée.
Je devais n’avoir personne à côté de moi, mais un homme d’une soixantaine d’année s’installe quand même. Bien sympa. Il me raconte qu’il part aux Spitzbergs avec ses frères.
Au bout d’un moment, je suis quand même fatiguée et mets mon casque de musique et regarde par le hublot.
Et là, je vois des aurores boréales ! 😍
Je m’étais renseignée avant de partir, et effectivement, j’ai vu qu’il y avait des chances d’en voir.

Dommage, mon voisin dort, sinon je lui aurais dit.

Mon voisin se réveille et je lui dis. Il n’y en a encore quelques unes et il est tout content que je lui ai dit…
La vue est magnifique. Nous approchons du but.

Enfin, vers minuit, nous touchons le sol des Spitzbergs, sous la pluie.

Je vois un taxi et m’apprête à monter, mais là, un mec me passe devant et hop, il monte et part ! Je suis dégoûtée… y’a vraiment des gens pas cool.
Du coup je vais prendre le bus, mais ça va être long. Le trajet en lui-même ne prend que 15 min, mais le bus attend que TOUT LE MONDE soit sorti de l’aéroport pour partir.
Je monte, il ne reste presque plus de places, je vais vers le fond du bus.
Là, un mec s’assoit à côté de moi. Et il se met à me parler.
J’avoue qu’il est 1h du matin, je suis éreintée et il me parait vraiment lourd. Il pose 20000 questions et je l’entends parler avec d’autres jeunes au fond du bus. Du coup je ne me sens pas super à l’aise. La fatigue me fait voir tout en noir.

Et là il me sort la phrase qu’il fallait pour ce soir « Je me suis inscris pour un camp de 4 jours » –> Eh merde. Bon et bien j’ai mon premier camarade d’aventure là 😅

Enfin, j’arrive à la Guesthouse. Evidemment, le mec d’à côté descend au même endroit…il est donc dans la même auberge que moi.

Je trouve ma chambre, après avoir arpenté tous les couloirs de l’auberge à 2h du matin.

Je me décide de vite filer au lit, je préparerais mon sac demain à 6h du matin. Je n’ai plus que 4h de sommeil. Et là je prends mes clefs pour ouvrir mon cadenas qui ferme ma valise… mais ce ne sont pas les bonnes 😣 ! J’ai oublié les clefs à la maison ! je ne peux donc pas ouvrir ma valise pour prendre mes affaires… P***** ça commence bien !


C’est fine énervée, avec l’envie de chialer que je pars au lit. Ça ne sert à rien de chercher maintenant, je n’ai pas les clefs… j’essayerais de trouver une pince demain.
Pour couronner le tout, je suis à côté de la chambre avec le sèche linge qui fait un bruit régulier insupportable 😅. Je mets donc mes écouteurs et tente de m’endormir.
Je ne dors que 2h puis, vers 6h30, le réveil sonne…

A 7h, je pars vite à l’accueil de l’auberge pour demander de l’aide pour ouvrir ma valise. Par chance, un employé arrive à couper le cadenas ! Il me sauve la vie 😅
Je sèche le petit déjeuner pour vite préparer ma valise (mettre les choses essentielles dans les sacs que j’emmène avec moi sur le camp).
Dans 30 min, le guide arrive…

Dans les couloirs, je rencontre Dmitri (le fameux gars du bus) qui discute avec 2 autres hommes : Tam et Terö. Ils seront également dans le groupe. Ils sont l’air super sympas.
Même Dmitri à l’air cool, c’est juste que hier soir, j’étais trop fatiguée pour pouvoir voir les choses clairement.
Au premier abord, je pense que Tam et Terö sont venus ensemble mais non, ils partageaient juste la même chambre. Tam est australien, Terö suèdois.
Donc nous sommes déjà 4 à nous connaitre cette fois, et nous sommes venus tous les 4 seuls !
Ce qui est une bonne nouvelle niveau intégration.


A 7h30, le minibus du guide arrive. Il se présente : Erlend.
Dans le bus, 2 personnes sont déjà là : Thomas et Caroline, deux français.
Et c’est parti pour l’entrepôt et préparer nos sacs pour ces 4 jours en autonomie.

Une fois les sacs empactés, nous prenons la direction du port et montons à bord. Il fait beau, la traversée s’annonce belle.
Nous aurons aussi le chien d’Erlend avec nous : DJ 😍.

Le guide nous montre où nous allons sur la carte : Ymerbukta. Il y a environs 3h de traversée.

Il fait plutôt frais sur le bateau et nous discutons tous les 7.
Je regarde le moindre « truc » blanc aux jumelles en pensant que c’est un ours, mais non…
Les autres commencent à comprendre que je suis obstinée 😅.
Je parle aussi avec le commandant du bateau, qui me dit qu’il a vu un ours, il y a 2 jours, traverser le fjord où on va dormir ce soir !
(Bon à chaque fois que je viens, on me dit « Il y a 2 jours il était là »….)

Nous arrivons gentiment dans le fjord où nous allons être déposés. Le guide check de nouveau aux jumelles si aucun ours n’est dans les parages… puis nous montons sur un zodiac pour débarquer sur notre campement. Il parait bien petit à côté de ces immenses montagnes :


Le bateau s’éloigne. Cette fois nous sommes seuls. Plus possibilités de faire machine arrière.

Le guide nous fait « visiter » le camp. J’aurais ma tente pour moi, parfait !
Une de mes premières questions : comment se servir du téléphone satellite en cas de problème.
Erlend me dit que c’est effectivement une bonne question (que personne ne pose évidemment car je suis la seule flippée), mais je me dis toujours « si le guide fait une attaque, s’il meurt comme ça, nous on fait quoi ?? » 😅. Appelez ça du pessimiste, pour moi c’est plus du réalisme et de l’anticipation de problème 😁.


Nous préparons à manger. Pendant le repas, Erlend nous demande à chacun de nous présenter et de lui dire pourquoi nous avons choisi ce type d’expédition.
Evidemment, je parle des ours… que je rêve de voir (mais pas de trop près).
Les autres n’ont pas l’air conscients qu’ils peuvent être partout… et je commence à me demander si ce n’est pas moi qui y crois trop…ne serait-ce qu’une légende ?
Je n’en ai pas l’impression, mais je crois que mes camarades si…

Puis nous nous préparons pour aller en kayak devant le glacier.

Je partage mon kayak avec Tam et nous voici à naviguer dans ce fjord. On se rapproche gentiment du glacier… c’est magnifique.
Des blocs se détachent par moment dans un grondement sourd…
Il ne faut évidemment pas trop s’approcher. Nous contemplons ce géant de glace à une distance très raisonnable pour ne pas qu’un bloc nous tombe dessus ou créé un petit tsunami.
On voit un voilier passer vraiment proche (il y a des tarés partout).

Nous nous arrêtons sur une petite île. Erlend nous montre les ossements d’un phoque qui a été mangé par un ours il y a 3 ans. Je n’en reviens pas que là où je me trouve, un ours y était !

Je commence à avoir un peu froid mais nous repartons en direction de l’autre côté du fjord.
On y fait une pause café où je mets ma doudoune. Le temps est plus nuageux et la pluie s’invite par moment.

C’est le moment où il faut faire pipi 😁. Pas évident ces combinaisons quand on est une fille !


Après ce petit arrêt, nous prenons le chemin du retour… à ce moment là, je ne me sens pas en sécurité. Je ne sais pas ce qu’il se passe dans ma tête mais j’imagine un ours qui arriverait à côté du kayak et là… quelle chance j’aurais de survie ?
Beaucoup trop d’images pessimistes m’arrivent, du coup j’accélère clairement le rythme. Tam va dans mon sens, on part donc comme des fusées !
Erlend nous « reprend à l’orde » car il y avait trop d’écart avec les autres (logique). Mais j’avoue qu’entre le froid et l’appréhension, je n’avais envie que d’une chose = rentrer au camp.

A ce moment là, un phoque barbu arrive proche de notre kayak, curieux… il s’approche, puis fait un saut périlleux et part à une vitesse folle ! Quelle agilité ! Et quel moment magnifique on a pu vivre !!! 😍
Par contre, qui dit Phoque, dit Sandwich pour les Ours…😮

Le phoque barbu curieux

Nous revenons sur le camp, on se déshabille et partons dans la tente mess pour boire un bon thé et discuter.

La pluie est arrivée. Elle était prévue et ne s’arrête plus…
On se répartit les tours de garde (obligatoires lors des camps en milieu sauvage avec les ours). Nous allons faire 1h30 chacun environs. Je devais être à 2h du matin mais j’ai réussi à négocier avec Terö (qui dort super bien) pour être à 5h30.

Nous partons nous coucher. Dans ma tente, j’ai quand même pas mal froid… la pluie s’intensifie. Le bruit des goûtes sur la toile est impressionnant…

Comme souvent, il m’est impossible de dormir. Ce qui est drôle c’est de se dire qu’à toute heure, il y a quelqu’un qui surveille le camp.
La confiance… c’est ce qu’il faut ici.

5h30 arrive et c’est à mon tour de faire la garde. Je sors 10 minutes avant de ma tente. Je prends un café dans la tente mess et mets une combinaison de motoneige pour me tenir chaud et pars remplacer Dmitri.
La pluie est incessante… ça s’annonce mal pour la journée. On est sensés faire une marche sur le glacier.
Je regarde partout… j’ai la responsabilité du camp sur mes épaules pendant cette heure et demie. C’est vraiment une sensation spéciale.
Par moment, je vais me refaire un petit café dans la tente mess avant de repartir sur la colline pour monter la garde.


A 7h, je vais réveiller Erlend. C’est à lui de faire la garde.
Les autres se sont tous recouchés et personne ne vient au petit déjeuner, à part Tam. Je pense que nous sommes les deux morfales du groupe 😅.
J’avoue que j’ai faim et que j’aimerais bien déjeuner…
Mais ce n’est qu’à 8h30 que l’on commence à manger.


La pluie ne s’est pas arrêtée, elle s’est même intensifiée. Nous sommes dans la tente mess à attendre… on ne peut rien faire du tout. C’est vraiment frustrant d’être ici, dans cet environnement si incroyable, et de ne pouvoir rien faire d’autre que d’attendre…

Vers 14h, il y a une accalmie. On s’équipe et partons enfin sur le glacier !


Enfin, nous bougeons et ça fait du bien. Le long du chemin, je ne peux pas m’empêcher de regarder partout autours de moi. Comme si un ours pouvait surgir de n’importe où (ce qui est vrai).


Erlend nous explique les bases et nous partons à la conquête du glacier !
C’est toujours une aventure incroyable que de marcher sur un glacier. Les crampons, le piolet, la corde…
Nous nous enfonçons dans les mystères de cette immense et infinie étendue de glace.
Un glacier n’en reste pas moins dangereux. Il faut être très vigilants.

Il est déjà 22h30 lorsque nous regardons nos montres avant de quitter le glacier.
On n’a pas vu le temps passer ! Et ici, on perd clairement la notion du temps avec ce soleil qui ne se couche pas.
Nous retrouvons DJ, qui nous a attendu au pied du glacier pendant des heures (le pauvre!).
Et reprenons la direction du camp en passant par le bord de l’eau.
C’est magique : des bouts de glace se sont échoués sur la plage. Nous faisons beaucoup de photos, la lumière est magnifique…

Nous reprenons notre chemin. Nous sommes un peu éparpillés. Je discute avec Caroline, on est tous par groupe à discuter… je parle évidemment des ours (pour changer).

Et soudain, dans ce calme polaire, on entend un coup de feu d’un pistolet d’alarme.
On se fige.
Ce bruit ne peut vouloir dire qu’une seule chose : il y a un ours sur le camp des gens qui sont de l’autre côté du fjord.

Là, mon cœur s’arrête. Je prends mon appareil photo, le règle sur le plus gros zoom possible, et je commence à regarder si j’arrive à voir l’ours sur leur camp.
C’est au moment où je lève les yeux que je me rends compte de ce qu’il se passe : l’ours n’est pas sur leur camp, il est juste là : devant nous ! 😱

Je n’y crois pas.
Je pense même à une blague : quelqu’un a posé une peluche de la taille d’une vache sur la berge !?
Je suis choquée par la masse de l’animal. Il est immense.


Après quelques secondes d’observation, quelques photos, mon réflexe : courir.
Le guide qui était derrière nous (pas bien), nous crie « Not running!!! »
Euh oui ok, mais j’ai un ours dans le dos !

L’ours nous regarde et on voit qu’il est complètement désintéressé de nous.

On se regroupe et on l’observe. Il part en nageant… et regagne la petite île qu’on avait visité la veille en kayak. Le moment est tellement unique, magique et aussi stressant !
L’ours est juste devant le glacier… quelle image !


Une fois que l’on a perdu le contact visuel avec lui, nous repartons sur notre campement à environ 1 km de là.
Je suis fine excitée, flippée, ébahie… les émotions se mélangent…

Je me dis aussi qu’on pourra remercier les gens du camp d’en face ! Déjà, ils ont de super jumelles, et grâce à eux, on est pas arrivés nez à nez avec l’ours. Ils nous ont « sauvé la vie » (on ne sait jamais ce qui aurait pu arriver si on avait continué à avancer sans savoir).

En arrivant sur la camp, on commence à trouver par terre des papiers de chocolats… bizarre.
Je vois des traces de l’ours partout ! Mince… en fait, il a visité notre camp avant de nous voir, voilà pourquoi il était si désintéressé de nous !


Toutes nos tentes on été visitées (ou plutôt, détruites) par l’ours.
En un coup de griffe, il a cherché dans chaque recoin ce qu’il pourrait manger.


Devant la tente mess, toute la nourriture est éparpillée. Il a tout mangé, goûté ou écrasé !
Une fois à l’intérieur (on pensait qu’il ne l’avait pas touché), on s’est rendus compte qu’il avait réussi à y pénétrer. Le riz était tout écrasé… un éléphant dans un magasin de porcelaine était bien passé par là 😅


Bon, j’avoue, mon réflexe a été de rigoler, surtout quand j’ai retrouvé la balayette de ma tente à 100 mètres de là…et un bel excrément de l’animal juste devant le camp…😂

Je sais que ce n’est pas drôle, car l’ours a mangé des aliments qu’il ne devrait jamais avoir en bouche. Et je suis aussi un peu mitigée sur la façon de gérer de la compagnie. Normalement, les aliments ne doivent pas rester si près du camp. J’avais toujours lu énormément de recommandations… par exemple, ma bouffe personnelle, je l’avais mis dans une boite au fond de mon sac à dos (qui n’était donc pas dans ma tente). Les autres me prenaient pour une folle mais aujourd’hui, ils ont vu à quel point j’avais eu raison finalement.
Je me demande si le fait qu’on soit en fin de saison n’a pas joué. Nous étions l’avant dernier groupe de l’année sur ce camp, peut-être un peu trop de relâchement ?

Erlend appelle la compagnie, même s’il est minuit, le Gouverneur doit être prévenu qu’un ours a été vu et qu’il a dévasté notre camp.
En plus, nous n’avons plus de nourriture pour les 2 jours restants…
Erlend nous annonce qu’un bateau viendra nous ravitailler le lendemain…

Nous rangeons tout. Il faut tout mettre à la poubelle car il peut y avoir des bactéries potentiellement mortelles pour l’homme dans la bouche des ours,. Ça nous prend 2h. Nous allons tous dormir dans la même tente (mess) cette nuit.
Pendant qu’ils mangent tous (moi je suis trop excitée pour manger), je pars sur la colline faire la garde. Je me dis que l’ours s’est tellement régalé qu’il ne va pas se priver de revenir…

Puis à 2h, nous partons dormir. Caroline commence le tour de garde.

Après 40 minutes, elle revient dans la tente et dit au guide « je crois qu’il revient ».
Au moment où j’entends ça, je sors vite de mon sac de couchage, mets ma veste, prends mon appareil photo et je pars sur la colline avec Caroline, Erlend et Thomas.
De là haut, on voit arriver gentiment sur nous une « boule blanche ». Il est bien de retour !

On repart en courant de la colline et nous nous postons devant la tente mess. On réveille les autres et cette fois, on attend que l’ours arrive.

Le suspens est à son comble. Je n’ai jamais ressenti ça. De la peur, de l’appréhension, de l’angoisse, et en même temps, j’ai envie de le revoir…
Tout se bouscule dans ma tête. Tous les scénarios :
– L’ours n’a pas peur du pistolet d’alarme et continue de venir sur nous = Erlend devra peu-être le tuer ?
– L’ours continue d’avancer, devient agressif et Erlend n’arrive pas à faire marcher son fusil = on meurt tout / ils meurent tous sauf moi, face à face avec l’ours !
… Bref je me fais tous les scénarios catastrophes possibles. Mon cœur bat vite et fort…

Puis soudain, après quelques minutes, l’ours surgit derrière la petite colline.
Il est à 60 mètres de nous. Il nous regarde.


Erlend nous dit « je lui laisse 10 secondes, profitez en pour faire les photos, après ce sera fini »
L’ours continue d’avancer…il nous a vu et s’en fout.
Et Erlend tire sa fusée d’alarme.

Par chance, l’ours part illico !


Quel soulagement… quel moment. Je ne pourrais jamais décrire ce que j’ai ressentit à ce moment là…
On s’en sort bien. IL s’en sort bien.
Tout va bien.

Pour être honnête, je ne me serai jamais remise d’avoir été la cause de la mort d’un ours polaire.
C’est nous les touristes, à venir là pour vivre dans un terrain extrême. Si par notre faute l’ours aurait du être tué, j’aurais été dévastée.
Ça m’a énormément remis en question sur le tourisme au Svalbard. Jusqu’à quelle limite pouvons nous aller ?
Les guides diront que les ours sont chez eux, mais nous aussi !
Moi je me dis qu’ils sont déjà tellement peu dans ce monde qu’il faut peut-être éviter au maximum les rencontres… car en plus, les ours vont s’habituer à la présence de l’homme et il y aura de plus en plus d’accidents…

La nuit se passe agrémentée des ronflements en stéréo de la part de mes camarades 😅

Le lendemain, la nouvelle tombe : le gouverneur ordonne notre évacuation du camp.
Quelle nouvelle !
Nous défaisons donc tout le camp. Nous aurons donc été les derniers de cette année.
Quelque part, nous sommes soulagés. Revivre l’angoisse de cette nuit n’était pas quelque chose qui nous faisait vibrer 😅.
Le camp est rangé et prêt à être récupéré. Le bateau va arriver vers 11h nous chercher.


Le bateau arrive à l’heure. Le zodiac nous ramène vers la « civilisation »… Les gens du bateau (qui faisaient une croisière pour Barentsburg) nous regardent tous comme des « survivants de l’extrême » 😅. Ça fait bizarre…
Certains nous demandent de raconter nos péripéties.
Je raconte cette histoire folle à un homme sourd, une femme traduit en langage des signes toute l’histoire. Je vois les yeux de l’homme pétiller…
Il me remercie mille fois de lui avoir raconté, en me disant que c’est comme s’il l’avait vécu. Il en a presque les larmes aux yeux. Ce moment m’aura beaucoup touché…

Nous rencontrons nos « sauveurs » du camp d’en face (évacués aussi). On les remercie aussi, et ils nous racontent leur point de vue : ils nous ont vu marcher tranquillement droit sur l’ours.
Ils se sont dit que le seul moyen de nous prévenir était de tirer une fusée d’alarme et ô combien ils ont bien fait…
Ce sont tous des jeunes qui sont là pour apprendre le métier de guide. Ils viennent du monde entier et à leur âge, ont déjà une expérience dingue.

L’évacuation de leur camp prendra 3h… je ne vous cache pas que les gens du bateau (qui étaient venus faire une petite croisière) sont un peu dégoûtés. Je les comprends mais voilà, quand le Gouverneur ordonne, il faut faire les choses…

Enfin, après tout ce temps, le bateau quitte les lieux pour longer la berge direction Barentsburg.
Je vais me mettre dehors pour observer si on ne voit pas encore l’ours. Eh ben, chose folle : on le verra plus loin (ce qui veut dire qu’il a forcément traverser notre camp pendant la nuit). Bon après il a pu traverser par le fjord aussi…

Le bateau arrive à Barentsburg et nous y laisse pour 1h. Le vent s’est levé, la pluie et même la neige sont arrivées…
J’ai oublié mon sac dans le bateau, je n’ai rien sur moi autre que mon appareil photo…


On visite rapidement la ville et allons nous poser boire un coup dans un bar de la ville.
Je vois l’heure tourner et personne ne bouge 😅.
On se décide enfin de sortir (en retard) et partons au port pour reprendre le bateau direction Longyearbyen.
Sauf qu’en arrivant au port : le bateau est déjà parti ! 😂
Non mais le sketch… c’est pas possible ! On est vraiment des boulets…
Il commence à être tard dans la journée, personne ne va retourner sur Longyearbyen et la météo s’est bien dégradée. Je me vois déjà dormir ici, dans cette ville bizarre…

Je prends mon téléphone et voit que Erlend (je suppose) a essayé de nous appeler.

Le bateau fait demi-tour !
Là j’imagine la tête des gens, qui ont deja fait 3h d’évacuation et qui doivent en plus revenir nous chercher… 😲
J’avoue que je me sens mal quand même… même si je vais pas vous mentir, on était juste mort de rire en voyant la tête dépitée de Erlend.
On embarque sur le bateau et on est super mal. Personne n’ose rentrer de peur de se faire lyncher…
Je reste un petit moment dehors.
Puis on ose rentrer avec Thomas et Caroline.
La mer est agitée.
J’entends les gens gueuler comme quoi ils ont une réservation au restaurant ce soir…qu’ils nous ont déjà attendu 3h et que là, on abuse (au fond je suis d’accord).
On retrouve Terö qui nous dit qu’ils se sont fait engueuler avec Dmitri par un mec.
Terö lui a répondu que la vie ne tenait pas qu’à 10 minutes.

Bref, je prends place car ça commence à beaucoup bouger… je préfère me laisser bercer par les vagues et fermer les yeux.
Nous arrivons à Longyearbyen dans la soirée.
La compagnie nous a réservé une chambre à la Guesthouse. Nous passons en courses avec Erlend, Dmitri, Terö et Tam (je dois racheter une brosse à dent que l’Ours m’a touché).
Ce soir, Erlend vient à la guesthouse nous préparer à manger et demain nous irons randonner autours de Longyearbyen.

Le lendemain, je me réveille et en regardant par la fenêtre, je vois un renard polaire !
Me voilà partie faire des photos. Enfin j’arrive à le prendre !
Il s’approche assez près (c’est à ce moment là que mon appareil a buggé…) mais c’est magique 😍

Erlend vient nous chercher vers 10h pour partir faire la rando. Le temps se maintient mais je sens qu’on risque encore d’avoir froid aujourd’hui…

Caroline ne veut pas venir (douleur à la cheville). Son frère est en ville, elle va en profiter pour le voir un peu.

On passe déjà à l’entrepôt pour préparer nos sandwichs, puis on monte dans le minibus pour se rendre au départ de la rando. On passe devant la pancarte « attention ours » en minibus et faisons quelques photos au panneau avant de continuer plus loin que l’aéroport. C’est la route du bout du monde…
Nous voyons un renne au loin 😍


Nous entamons notre randonnée en mettant nos chaussures de kayak pour passer une rivière gelée…
Puis nous nous enfonçons dans la vallée. Le temps se couvre petit à petit…
Nous faisons une pause mais je commence à avoir froid.

Nous entamons la montée dans un brouillard à couper au couteau. Ce n’est pas aujourd’hui que l’on va avoir une vue !


Le temps est de plus en plus maussade. Heureusement je me suis réchauffée en marchant vite.
Il ne faut pas perdre le groupe. On ne voit plus à 30 mètres 😅

Le vent s’est intensifié… les rafales sont de plus en plus violentes à mesure que l’on s’approche du sommet.
Sur le bord de la falaise, le vent est tellement fort qu’on peut se lâcher dans le vide : on se fait retenir par le vent. Impressionnant…

Le dernier bout pour aller au sommet est chaotique avec ce vent. C’est une petite arrête mais j’avais envie d’y aller…

Nous reprenons la route en sens inverse et descendons rejoindre le minibus.
Puis nous revenons à la guesthouse et nous disons au revoir à Erlend.

Le soir, nous sommes tous allés manger avec le frère de Caroline et son co-pilote qui sont au Svalbard pour 6 mois.

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Le lendemain, j’ai une excursion prévue pour monter à Trollsteinden. Le fameux sommet que j’avais tenté en ski de rando (voir mon article sur les Spitzbergs en hiver ici).
Ils annoncent pluie (pour changer). Décidément cette année… ça aura été clairement une catastrophe au niveau météo 😅.
Le guide vient nous chercher vers 9h, Lucien. Il a l’air bien sympa et mes camarades pour la journée aussi : un couple d’Allemands (avec qui je garderais contact) et un jeune qui venait du Parkistan il me semble. Super sympas.
On commence notre ascension par la moraine et j’entends le guide parler d’un groupe dont le camp aurait été saccagé par un ours. Je lui dis « ha ben c’était le nôtre! ». Ils me disent que l’histoire a fait le tour du Svalbard…Du coup on a parlé de ça un bon moment. Les autres m’ont posé pas mal de questions et le dialogue s’est vite créé.
L’ascension se fait donc dans la bonne humeur et avec des discussions super intéressantes.
Le temps se gâte… la pluie arrive au moment où on commence à monter les pentes du sommet.


Il est vrai que depuis que j’ai vu l’ours, je suis beaucoup plus détendue et prends chaque expérience comme elle vient. En même temps, on a pas trop le choix mais autant voir la beauté des lieux sous ce temps terrible que de se plaindre.
Nous continuons notre ascension et enfin, on commence à apercevoir le sommet. Le temps est exécrable : vent, pluie et neige ! On est trempés. Mais je suis tellement contente d’atteindre enfin le sommet de cette montagne ! Depuis le temps que j’en avais envie…


Je ne vais pas vous mentir, si vous êtes sujet au vertige, le dernier bout peut paraître vraiment impressionnant. J’avais quand même un peu peur car on avait des crampons et il fallait passer une corniche glacée. Heureusement, on ne voyait pas vraiment en bas mais j’imaginais très bien le vide !


Nous avons tous atteint le sommet ! 😊 et malgré le temps, avec un grand plaisir. Lorsque l’on est en bonne compagnie, tout est tellement plus agréable.

Nous repartons en descente pour nous arrêter boire un café plus bas.
Je vois des traces de renard polaire dans la neige : il vient de passer !


Je commence à vraiment avoir froid par contre.
Le guide me prête une veste. Je dois enlever ma gore tex, c’est terrible cette sensation : trempée et gelée.
La pause se fait assez rapidement. Le guide installe une « tente de survie » mais bon, ce n’est pas super pratique finalement avec ce vent ! Par contre je comprends à quel point elle pourrait sauver une vie.

Nous continuons notre descente pour enfin arriver vers Longyearbyen. L’Allemand du groupe se fait mal en sautant d’un rocher à l’autre (j’apprendrais plus tard que c’était une déchirure du mollet…). Il a senti direct que ça n’irait pas… Après-demain, ils ont prévu de faire l’Arctic Challenge qui consiste à traverser le fjord en kayak puis de monter en haut d’une montagne (1000 mètres de dénivelé). J’avais envie de le faire mais l’excursion était pleine lorsque j’avais demandé.
Ils me proposent leur place du coup… je leur ferais un virement et j’appellerais la compagnie ce soir pour voir si c’est possible.

Dans la descente, on en profite pour chercher des fossiles. Il y en a pleins ici !
Puis nous revenons à la guesthouse complètement trempés après cette journée de marche.
J’appelle la compagnie, c’est ok pour que je prenne une de leur place.

Le soir venu, je mange avec Terö et Tam au restaurant.

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Le lendemain, je me décide d’aller courir un coup avant ma sortie en bateau en fin de matinée.

Puis vers 11h, on vient me chercher pour l’excursion en bateau. Le but sera de tenter de voir des baleines, ours et autres bêtes qu’on aurait la chance de voir.
Le capitaine du bateau annonce direct qu’on irait du côté de Ymerbukta car des gens ont eu leur camp dévasté il y a quelques jours et il pense qu’il y aurait toujours un ours par là 😂.
Alors je leur dit « euh, j’y étais dans ce camp ».
Du coup tout le monde veut savoir ce qu’il s’est passé, même les guides… c’est rigolo. Décidément cette histoire aura fait le tour !
Du coup le capitaine décide d’aller ailleurs vu que j’y suis déjà allée…
Moi j’ai su que vers un autre glacier il y avait des ours (sure à 99% de les voir) et là ils me disent qu’ils ne veulent pas aller là où tout le monde va (pfff….au final, j’ai appris qu’ils y étaient allés le lendemain et qu’ils avaient vu les ours ! 😡).
Bref la sortie se passe, on voit une baleine tout de même, de magnifiques paysages et de beaux glaciers… mais bien sur = pas d’ours.


En revenant de l’excursion, je vais retrouver Lara, ma guide de l’excursion Chien de traîneau de l’année passée (ici). Elle veut bien m’emmener revoir les chiens 😍. On mangera ensemble ce soir. Je suis bien contente de retrouver des gens ici… c’est tellement petit qu’on a l’impression de connaître tout le monde…
Elle passe me prendre en ville et nous partons direction le chenil à quelques kilomètres de là.
Je mets une combinaison de la compagnie pour pouvoir aller voir les chiens (sinon j’aurais clairement été dégueulasse 😆).
Je retrouve mon Skoll et mon Alien 😍. Lara me laisse un moment avec eux…
Puis elle m’emmène voir les bébés nés il y a peu.


On va manger ensemble au restaurant puis elle me ramène à la guesthouse.

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Le lendemain, je pars donc faire l’Arctic Challenge. Je serais avec 2 filles qui devaient faire le Camp de 4 jours que l’on a fait. Elles sont dégoûtées que tout soit annulé…je peux le comprendre mais elles sont vraiment en rogne contre la compagnie.
Mais la compagnie n’y est pour rien…

Le groupe n’est pas super aujourd’hui, on est 6. Chacun dans son coin.
En plus, je suis la seule à venir « seule » et donc je serais SEULE en kayak…
Je ne pourrais compter que sur la force de mes bras pour traverser ce fjord !
On part, il fait beau, heureusement.

On sort des kayaks, on se met en mode rando et c’est parti pour grimper cette belle montagne.

Peu de temps après notre arrivée, on voit un renard polaire 😍.


En montant le premier bout raide une des filles a peur du vide, je me dis que ça va être encore mal barré…
Bon il est vrai que le terrain et quelque peu… scabreux, comme souvent dans ces endroits du monde 😅.
Moi j’adore car c’est limite de l’escalade… mais je peux comprendre que ce soit flippant pour les gens qui ont le vertige ou qui ne randonnent pas souvent.
Ils me demandent tous comment je fais sans bâtons, et je leur réponds : « Comment vous faites avec plutôt?! » car franchement, pour moi c’est un handicap dans ce genre de terrain.


On continue notre ascension. Le temps commence à se voiler… J’espère avoir une belle vue au sommet (c’est beau de rêver).
Pour le moment, la vue est spectaculaire. On voit Longyearbyen au loin et c’est drôle de se dire qu’on est partis de là en kayak tout à l’heure…

La montée est technique, j’adore ça ! Certains du groupe avancent bien. Les deux filles sont un peu à la traîne mais dans l’ensemble ça va.
La vue est belle, j’en profite avant que le nuage nous arrive dessus.

Enfin, nous arrivons au sommet (complètement dans le brouillard).

Nous redescendons pour trouver un endroit pour déjeuner. Il ne fait vraiment pas chaud…

En redescendant, on tombe sur des rennes 😍 ! il y a même un bébé.

On retourne aux kayaks en passant par la plage. Là, on ramasse tout un tas de déchets impressionnants… je trouve que c’est la moindre quand tu passes devant des bout de polystyrènes dans ce genre d’environnements de les ramasser…
Heureusement, le guide fait pareil et d’autres du groupe aussi.
On va ramener pleins de déchets avec nous accrochés aux kayaks = parfait, au moins la sortie aura été bénéfique pour la nature !

Et nous reprenons la mer pour rejoindre Longyearbyen.
Là, le vent s’est bien levé. La pluie arrive même.

Je me retrouve seule dans mon kayak dans une mer qui commence à bouger pas mal. Les autres avancent super vite (oui, 2 à pagayer c’est plus facile). Moi je galère comme jamais !
J’ai un petit moment de panique quand je vois le temps se détériorer 😅 et moi qui pagaye dans le vide. J’ai l’impression de faire du sur place et de me retrouver au milieu de l’eau en pleine tempête… j’imagine un ours aussi (traumatisme du camp)… bref, l’angoisse monte… Heureusement, ce n’est pas non plus à 10 km… le guide vient me voir et me dit que c’est normal que je galère, manier un kayak seule est plus dur qu’un double. Ça me rassure un peu quand même.
Enfin, j’arrive au port… on range les kayaks, on doit rincer nos combinaisons et tout.
Un autre groupe arrive (et au fond de moi, je les plains ! il pleut à fond, il n’y a pas de vue rien…).

Bref je regagne la guesthouse. J’ai réservé une nuit dans une chambre partagée histoire de pouvoir aller prendre ma douche et me poser un petit coup. Mon vol est cette nuit…à 2h du matin (ces horaires sont toujours aussi fous). Le bus viendra me chercher vers 00h30.
L’Allemand m’envoie une photo, ils ont vu les ours aujourd’hui avec la compagnie d’hier !!!
Je suis bien contente pour eux ! Leurs photos : 😍.

Je prépare mes affaires et un gars rentre dans la chambre. Il commence à engager la conversation et me propose de manger avec lui et ses potes. Mais j’avoue que je n’ai envie que d’une chose après 1 semaine en communauté : rester seule pour ma dernière soirée.
Je pars donc manger au restaurant juste en face de l’hôtel en solo.

Je fais le bilan de ce voyage… quelle aventure. Quelle météo mais surtout : l’Ours…
Juste une expérience de dingue. Les sentiments sont tellement forts…

Je reviens dans la chambre vers 21h et décide de me coucher un petit coup. Je mets mon réveil à 00h. Mais je ne somnole qu’une heure. J’avais trop peur de louper l’heure du bus…

J’attends 1h30 dans la salle d’embarquement et enfin, à 2h du matin, l’avion décolle.
Comme à chaque fois que je quitte Longyearbyen : j’ai l’impression d’y laisser une partie de moi…
Svalbard, je reviendrais ! 😘

3 commentaires sur « ☔Spitzbergs – Août 2018☔ »

  1. Waw ! J’ai voyagé en te lisant, c’était magique et ça avait l’air grandiose. Déjà que j’avais envie d’aller en Norvège, ça arrange pas mon affaire hihi
    Merci beaucoup du partage !
    Belle journée,

    Lili

    Aimé par 1 personne

    1. Merci beaucoup pour ton commentaire ! ça fait toujours plaisir de voir que l’article a réussi à faire voyager des gens … la Norvège est exceptionnelle 🙂 c’est un pays extrêmement varié. J’espère que tu pourras aller y faire un tour un jour 🙂

      Aimé par 1 personne

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