Matterhorn Ultraks – Trail à Zermatt

Trail
Distance : 32 km
Dénivelé : 2000 m (+ et -)

Ma première belle expérience de Trail. Celle qui m’a donné encore plus envie de courir…

J’ai commencé à courir en Novembre 2014.
Et ma première course était programmée pour Juin 2015 : le Cross du Mont Blanc.
C’est mon entreprise qui organisait ce challenge et je me suis lancée.
Je me suis inscrite sans avoir jamais couru. Je sais, c’est de la folie. Surtout que je n’ai jamais aimé courir !
Mais après avoir assisté à quelques trails que faisaient mes amis, j’étais complètement admirative devant ce sport… comment peut-on courir autant de kilomètres ? et surtout, avec autant de dénivelé !

J’ai compris que le trail, ce n’était pas que « courir à fond tout le long », c’était aussi marcher, apprécier et se dépasser.
L’amour pour la nature était déjà là et le déclic est arrivé pour des raisons personnelles.

Le trail m’a permis de me sentir libre, plus sure de moi, plus en confiance avec mon corps. C’était aussi un dépassement mais avant tout une manière de voir beaucoup de paysages sublimes en allant plus vite que la marche.
J’ai apprécié le mouvement, le sentiment de liberté que l’on peut ressentir, la découverte de nouveaux chemins, la beauté de courir accompagnée d’un lever de soleil…
Cette période de ma vie a été salvatrice.
Elle a construit les bases de mon physique un peu plus solides maintenant…
Je lui dois beaucoup. Et cette course à Zermatt a été l’une des plus belles expériences trail que je n’ai jamais fait.

Matterhorn Ultraks, c’est quoi ?

Matterhorn, c’est le petit nom du Cervin en allemand.
L’Ultraks, c’est le nom de la course qui se passe à Zermatt.

Plusieurs formats sont proposés :
* Active : 19km pour 1150 de D+/-
* Mountain: 32km pour 2000 m de D+/-
* Sky : 49km pour 3600 m de D+/-
* Extreme : 25 km pour 2800 m de D+/-
* Vertical 2.3 km pour 655 m de D+/-

Il y a aussi une course pour les enfants.


Je n’avais jamais fait plus de 23 km et 1645 mètres de dévelé (Cross du Mont Blanc), mais j’avais envie de me tester sur la 32 km.

Je me suis décidé en « dernière minute », juste 10 jours avant.
J’avais même prévue d’y aller seule quand une amie s’est décidée de venir avec moi (Glad) et nous sommes parties les deux pour Zermatt le 21 Août !
La course était prévue le lendemain.

En arrivant dans l’après-midi, nous sommes allées marcher un peu sur les hauteurs du village. Le temps était sublime…
J’étais tellement contente de revenir ici…
J’étais venue en Mai avec un ami et j’ai clairement eu le coup de cœur pour cet endroit…
Le Cervin est à mes yeux, la plus belle montagne !


Je pars chercher mon dossard en fin d’après-midi et nous partons manger (les prix des repas à Zermatt 😱).

*************************

Jour J.
Le lendemain matin, je me lève après une nuit pas terrible mais prête et motivée comme jamais !
Il fait grand beau. Je suis trop contente de pouvoir visiter les alentours de Zermatt en mode trail avec ce temps.




Après un bon petit déjeuner, direction la ligne de départ !

Je stresse quand même pas mal 😅. Je ne fais pas la fière et je me dis même : mais qu’est ce que je fais sur cette ligne de départ ?
Je vois des gens complètement préparés, affûtés… et moi, après même pas un an de course à pieds, je me lance dans ce défi…
A ce moment-là, je doute clairement de moi.
D’ailleurs, même quand je me suis inscrite, j’avais dans la tête que « peut-être » je ne passerais pas la ligne d’arrivée.

Nous y sommes, le coup de départ est donné.
Je dis « A+ » à Glad (elle va me suivre le long du parcours) et commence mon aventure.

La première partie monte à travers une forêt de mélèzes magnifiques direction Sunnega.
Les chemins ne sont pas larges et c’est un peu « la queue » mais du coup, ça me permet de prendre un rythme plutôt tranquille.
Ça monte beaucoup mais je me mets gentiment dans ma bulle. Je cours sur les plats, je marche dans les côtes…
Puis on sort un peu la tête des arbres et là : la vue !

Je n’en reviens pas : pas un seul nuage devant le Cervin !

Je continue mon ascension pour mon premier ravitaillement à Sunnega, à 2260 m d’altitude.
J’ai déjà fait 7 kilomètres pour 600 mètres de dénivelé.

Je ne m’y arrête pas longtemps et préfère repartir rapidement.

Le parcours serpente par des petits villages sublimes… Je me régale en descente.

Cette partie est magnifique…
On remonte ensuite sur des balcons avec vue sur le Cervin et d’autres montagnes magnifiques. Les mélèzes sont tout autours. Magique.

Après une belle montée, j’arrive au 2ème ravitaillement à Riffelalp à 2220 m d’altitude et je prends ensuite la direction du Furi.
Nous sommes au kilomètre 12.
Une énorme descente m’attend, très abrupte avant d’arriver devant un pont suspendu à traverser (interdit de courir dessus). C’est vrai que ça bouge pas mal.
Ce que je n’ai pas aimé, c’est le fait d’avoir des gens devant et derrière… je me suis sentie bloquée mais heureusement, ça n’a pas duré très longtemps.

Arrivée à Furi, je sais que le plus gros m’attends : la montée au Schwartzee.
J’ai fait la moitié du trail. Je suis à environs 17 kilomètres et je m’attaque à cette dernière difficulté.
Après cette montée, je n’aurais « plus que » 12 kilomètres de descente à faire.
Glad est là et m’encourage avant d’entamer ce mur de 600 mètres de dénivelé.

Dur…
Je fatigue.
Par contre, je suis tellement heureuse d’être là.
Je me rappelle de la première fois que je suis venue ici avec un ami. De bons souvenirs.

La vue sur Zermatt est magnifique. Ça me parait tellement loin !

Mon objectif est là… devant mes yeux ! Quelle émotion…
Cette montée ne fait « QUE » 3 kilomètres en gros, mais ces 600 mètres de dénivelé sont terribles pour mes jambes.
A ce moment-là, je me rends compte qu’il y a de grandes chances que je puisse franchir la ligne et avoir ma médaille…
Mon espoir grandi à mesure que j’arrive au Schwartzee.
Je n’en reviens pas…

Arrivée en haut, je prends un petit ravitaillement et repars.
Je veux ma passer cette ligne ! Je veux cette médaille !
Mais je dois rester concentrée… 12 kilomètres de descente m’attendent cette fois.
Entre la fatigue, le relâchement, cela peut être dangereux. Ce serait dommage de se casser une cheville si proche du but.

La descente est magnifique.
On a même un autre point de vue sur le Cervin depuis ici.
Il s’est coiffé d’un nuage…

La descente est finalement très longue. Interminable même.
Les chemins sont magiques, ce sont des petits « single » au milieu d’une nature verdoyante typique Suisse mais je me dis que j’ai vraiment sous-estimé cette partie du trail…
Je vois les indications qui me disent que l’arrivée est dans 8 kilomètres. Ça me parait juste trop long ! 8 kilomètres ! Quand je vais courir le midi depuis le travail, c’est en gros le tour que je fais… Allez, je dois penser à la ligne d’arrivée !
Et ça marche. Je me rebooste directement. Je suis tellement fière de m’imaginer passer la ligne d’arrivée…

Puis il ne reste plus que 5 kilomètres…
Puis 2 kilomètres…

Là j’arrive dans le village-même de Zermatt. Je n’en peux franchement plus. Je n’ai plus de jambe !
Et courir sur le bitume sous cette chaleur, c’est INTERMINABLE. Je me mets même à marcher un moment mais je sais que ce sont les derniers efforts…
Ces derniers mètres me paraissent insurmontables…surtout qu’ils ont fait passer le parcours dans toute la ville, on entend la ligne d’arrivée mais on y arrive jamais ! 😅

Devant l’arrivée, il y a une haie de gens qui hurlent pour encourager les coureurs.
Ça booste et je pars en sprint et passe enfin la ligne d’arrivée après 4h58 d’effort !

Je l’ai fait !

Je suis tellement fière d’avoir franchi cette ligne…
Je n’arrive même pas à y croire…
On me donne ma médaille… wouha ! J’en avais rêvé de ce moment…
L’émotion qu’on m’avait toujours décrit à l’arrivée des trails est bien présente. Enfin je ressens ce bonheur, ce soulagement et cette fierté !

Je cherche Glad des yeux, je la vois au fond de la foule.
Je prends mon tee-shirt Finisher et pars à sa rencontre.
C’est là que j’ai l’agréable surprise d’avoir bouclé ce trail dans ce temps-là.
Je ne m’étais pas vraiment fixée d’horaires et n’ai jamais regardé ma montre de tout le parcours.
J’avais grossièrement misé sur 6h… et je mets une bonne heure de moins ! Wouha ! Je suis scotchée !

Cette expérience aura vraiment été une révélation. J’ai apprécié tout le parcours.
Bien sur qu’il y a eu des moments difficiles où on se demande si on va y arriver tellement c’est dur, mais j’ai profité à 100% de l’expérience.
Après un ressenti bien moins bon sur le Cross du Mont Blanc quelques mois auparavant, là j’ai vraiment eu les sensations que je cherchais en Trail.
La découverte de lieux en courant tout en ayant des postes de ravitaillements est pour moi une réelle passion ! Une sorte de liberté et de légèreté encadrées…

Je suis reboostée à bloc pour me lancer de nouveaux défis…

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