La Réunion, l’île intense

Trek sur l’île de la Réunion – Avril 2022. Voyage de groupe.

Ah, la Réunion… depuis le temps que tout le monde me dit « Pourquoi tu n’y vas pas ? ça va te plaire ! Il y a tout ce que tu aimes là-bas! ».

Et ils avaient raison !

Mais à force d’entendre tout ça, j’avais tellement peur d’être déçue que j’ai préféré repousser jusqu’à ce que le déclic se fasse naturellement dans ma tête.

Je me suis un peu décidée sur un coup de tête. Avec le Covid, peu de destinations étaient encore ouvertes et mon choix s’est donc porté sur la Réunion (je devais y aller en Octobre 2019, mais annulé à cause de la pandémie).
Il était temps pour moi de découvrir ce petit bout de terre au milieu de l’océan indien.

Mes conseils pour randonner sur l’île de la Réunion :

Préparez-vous physiquement avec du dénivelé. Cette île est abrupte et escarpée ! Les genoux en prendront un coup si vous ne vous préparez pas un minimum sur un terrain similaire, ou au moins avec du dénivelé.

– N’oubliez pas vos bâtons. Pour certains c’est facultatif, mais pas sur la Réunion.
Je n’aime habituellement pas marcher avec des bâtons mais force est de constater que le terrain ne nous laisse pas vraiment le choix si on veut finir le trek entier.

– Prenez bien vos gants et une doudoune si vous avez prévu l’ascension du Piton des Neiges (à 3070 mètres d’altitude), il fait très froid en attendant que le soleil ne pointe le bout de son nez, ce serait dommage de gâcher le moment pour quelques affaires oubliées !

Ne choisissez pas un programme trop sportif. Ce n’est que mon avis mais beaucoup de gens se « surestiment » sur la Réunion. Ce sont des chemins difficiles et je ne pense pas que ce soit judicieux de se lancer dans un premier trek ici, ou alors pas dans un trek noté comme « sportif » si vous n’êtes pas habitué au dénivelé. Il y a des multitudes de programmes différents sur l’île qui peuvent correspondre à votre réel niveau.

– Choisissez la bonne période de l’année (apparemment de Mai à Octobre).
J’y étais en Avril, et cette année, il y a eu beaucoup de pluie. Les chemins étaient donc très humides (et forcément plus techniques) et la météo capricieuse.
Le ciel est souvent dégagé le matin pour se charger assez vite.

– Soyez concentré(e) sur certaines portions de chemin. On longe souvent des précipices. Regardez bien où vous mettez vos pieds, arrêtez-vous pour faire des photos !

Profitez ! 😊 Vous êtes au paradis !

Le programme que j’ai choisi était un aperçu de l’île intense en « une semaine » avec 2 jours de farniente au bord du lagon St Gilles en fin de séjour. Le circuit a duré 10 jours et s’effectuait en groupe.
C’était donc très court mais donnait aussi un bon aperçu de ce que l’île avait à offrir.
J’ai quand même regretté de ne pas être restée un peu plus longtemps pour approfondir, mais j’y reviendrais dans le bilan !

L’itinéraire dans les grandes lignes :

Google Maps

Etapes 📌:
Hell-Bourg (arrêts devant la belle Cascade Blanche et Le Voile de la Mariée, anciens thermes, Maison Folio, cimetière paysagé)
Rando dans le cirque de Mafate : Etape 1 –> du Col des Bœufs à Marla en passant par La Nouvelle / Etape 2 –> de Marla à Cilaos par le col de Taïbit
Piton de la Fournaise et rando hors des sentiers battus sur le volcan
Ascension du Piton des Neiges par Mare à Boue, descente sur Cilaos
Lagon Saint Gilles en liberté (snorkeling, plages, vol en hélicoptère et point de vue du Cap Noir)

Ce que j’ai préféré 💚 :
Les randos, les reliefs et les volcans !
Le cirque de Mafate est magnifique et vaudrait clairement un bon approfondissement. Juste pour cet endroit, une deuxième visite est à prévoir !
L’ascension du Piton des Neiges a été un temps fort du séjour… je vous raconte tout ça plus bas.
Le vol en hélicoptère était un beau bouquet final !
Et j’ai adoré tout le reste… l’île est pour moi un paradis ! Il y en a pour tous les goûts.
Sans oublier, la rencontre avec certaines personnes.

Ce que j’ai le moins aimé 💔 :
Pour le coup, rien à voir avec l’île, mais le groupe a été la partie la plus compliquée à gérer mentalement.
Je suis partie quelques fois avec des groupes mais je n’avais encore jamais ressenti ça.
On a parfois juste envie d’être dans son monde, être tranquille, ne pas avoir à se justifier, mais là, c’était vraiment pesant d’être sans arrêt sollicitée par une des personnes du groupe. Ça m’a quand même gâché certains moments du voyage.
En plus de ça, on a rejoint un autre groupe au jour 2 de notre circuit et on n’a pas du tout fusionné.
J’adore rencontrer de nouvelles personnes mais pendant ce voyage, il y a eu des gens avec qui je n’étais tout simplement pas compatible. Ce n’est pas très grave.
Ça a permis de tester un peu ma patience ! 😅
Le point positif est que j’ai rencontré aussi de super personnes sur ce séjour, et rien que pour ça, j’y repartirais 1000 fois.

Mardi 19 Avril 2022
C’est le grand départ. Après un test antigénique fait le matin même, me voilà partie avec le sésame Négatif en poche pour Orly.
J’ai 4h30 de route.
J’arrive très tôt à l’aéroport mais j’avais prévu volontairement une marge.
L’attente est longue, je fais des aller-retours dans le terminal en attendant l’embarquement.
Le vol est prévu à 19h55 et décollera à l’heure.
Tout se passe bien, mais malgré un vol de nuit, je ne dors pas.

Mercredi 20 Avril 2022
Après 11h de vol de nuit, avec en bruit de fond permanent les enfants qui hurlent en stéréo, j’atterris enfin à la Réunion. Je n’ai pas dormi mais je suis en forme, j’ai hâte de découvrir ce bout de terre.


À la sortie de l’aéroport, le guide, Eric, est là, avec Patricia, Stephanie et Pierre. Il ne manque que le dernier participant, Laurent, qui arrive 2 minutes après moi.
Je rencontre donc les autres membres du trek à ce moment-là.
On monte dans le minibus et nous partons en direction du cirque de Salazie.
Sur la route, Eric nous donne des explications sur l’île.
Je fais gentiment connaissance avec les autres et me fais déjà une bonne idée avec qui je risque de bien m’entendre (et avec qui ça risque d’être compliqué 😅).

Premier arrêt devant la Cascade Blanche qui est juste magnifique…
Il fait une chaleur et une humidité à crever, mais je suis complètement dépaysée seulement quelques dizaines de minutes après avoir atterri !

Deuxième arrêt devant Le Voile de la Mariée.

Nous arrivons ensuite à Hell-Bourg, l’un des plus beaux villages français.
Il y a beaucoup de charme ici.
On prend possession de notre chambre dans une auberge du village. C’est un dortoir où l’on va tous dormir ensemble. Chouette. Je risque de ne pas dormir beaucoup 😅.

Avant de partir manger, Eric nous emmène voir « Les anciens thermes » du village.
Je me rends compte à quel point la végétation est omniprésente ici…c’est assez impressionnant comme elle est même envahissante.

On arrive aux anciens thermes, il y a beaucoup d’arbres et de fleurs différents. On y croise aussi un Cardinal (oiseau orange / rouge vif).

Petite devinette de Eric : « Vous savez comment on ramasse la papaye ? »
Voilà la seule question à laquelle j’ai réussi à répondre en terme de quizz sur la flore de tout le séjour = « Avec une foufourche » 😂. Voilà voilà.
J’étais presque fière en plus. 😂
Mais j’avoue que sinon, je suis carrément nulle en nom de fleurs. Et j’ai du mal à retenir (donc si vous vous attendiez à des explications sur la flore dans cet article, vous risquez d’être déçus 😅).

Le temps se charge un peu et nous remontons au village pour manger dans un restaurant local. La pluie commence à bien tomber.
On goûte au gratin de chouchou, qu’ils cuisinent ici à toutes les sauces… c’est très bon.
Le repas est également l’occasion d’apprendre à connaitre un peu plus les autres membres du groupe et le guide.

Nous partons ensuite visiter la Maison Folio.

La visite est super intéressante, on apprend quelques coutumes locales et surtout que les Réunionnais se soignent énormément avec les tisanes.

Un chat attentif aux explications

La taille des araignées est énorme, mais heureusement, elles restent dehors !

Après cette visite très intéressante, Eric nous propose de visiter le Cimetière Paysager du village.
J’avoue je ne suis pas trop cimetière de base 😅 mais il est vrai que c’était tout de même assez intriguant de voir à quel point ils sont fleuris ici. La brume contribue à l’effet mystique aussi.

Nous avons ensuite quartier libre pour aller faire les boutiques. On va essayer de trouver le fameux livre sur les tisanes… sans succès !

Nous revenons ensuite à l’auberge pour nous doucher et prendre le dîner.
Eric nous fait un briefing du trek avant d’aller manger un excellent repas préparé par notre hôte Alexis.
Nous prenons ensuite une tisane en discutant.
J’ai envie de faire un tour d’hélicoptère le dernier jour, Patricia aimerait faire un saut en parachute, excellent… 😅
Il faudra que l’on voit tout ça avec notre autre guide, Pascal, que l’on retrouve demain soir.
Oui car je l’ai appris dans le bus pour Hell-Bourg, mais nous allons changer de guide et aussi rejoindre un autre groupe dès demain soir. L’idée ne m’enchante pas de base. Je ne savais pas qu’on rejoindrait d’autres gens qui étaient sur un autre circuit (avec lequel j’avais hésité).
Du coup, nous sommes 5 mais à partir de demain, nous seront 10. Ça change quand même la donne.
En plus, on s’entend bien avec Eric, c’est dommage de changer en cours de route.
Enfin, on verra tout ça demain… pour l’instant, l’heure est au sommeil.
On part donc se coucher.
Je n’arrive pas à dormir avant tard dans la nuit… mais je le savais avant de partir. Je suis déjà étonnée d’avoir dormi quelques heures.
Elles m’auront suffit à être en forme pour le lendemain matin.

Jeudi 21 Avril 2022
Nouvelle journée ! Aujourd’hui, nous prenons la route de Hell-Bourg au Col des Bœufs pour randonner dans Mafate.
On entame déjà la journée par un bon petit déjeuner copieux.
Les sacs sont préparés pour 1 nuit. On retrouvera le reste des bagages à l’hôtel le lendemain soir.

La vue sur le Piton des Neiges ce matin est bien dégagée. J’espère vraiment avoir la même météo pour son ascension dans quelques jours.

La route pour nous rendre au Col des Bœufs est un peu défoncée par endroits. Les intempéries de ces dernières semaines ont fait de sacrés dégâts.
Il y a pas mal de virages, heureusement qu’on est montées devant avec Stéphanie 😅.

Petit arrêt photo avant d’arriver au col.
C’est juste splendide. Les nuages s’accrochent aux sommets environnants… les reliefs sont incroyables. Tout me parait brut.

On passe devant les sentiers de la Diagonale des Fous (qui porte bien son nom). J’aimerais la faire, mais sur plusieurs jours pour en profiter pleinement !

Enfin, on arrive au parking pour le début de la rando.

Je suis surprise du nombre de gens garés au parking… il y a un monde incroyable.

La descente sur la Plaine des Tamarins commence.
C’est assez glissant. Les bâtons aident bien. On croise beaucoup de gens qui remontent.
Il y a aussi le balai des hélicoptères dans le ciel qui est assez impressionnant et qui viendra rompre le calme de la nature.
Tout au fond, au loin, il y a Marla, là où on va dormir ce soir.

Le parcours est ponctué des explications intéressantes de Eric sur la flore et l’île en général.
On y apprend (entre autres) la différence entre endémique, exotique et indigène.

Le sentier est glissant, il faut sans arrêt faire attention où l’on met les pieds car une chute pourrait vite arriver.

Plaine des Tamarins

Après une petite pause à la Plaine des Tamarins, nous reprenons la descente sur la Nouvelle.
Les nuages jouent autours des montagnes, c’est vraiment sublime.

Le long du chemin, on croise une fille habillée en petite robe d’été rouge avec un petit sac à main… l’image la plus improbable que j’ai pu voir lors de ce voyage 😅
On est quand même sur une portion de randonnée, mais bon, il faut avoir du style dans toutes les situations 😅. Je devrais m’inspirer.

On arrive à la Nouvelle. On mange tranquillement au milieu du village dans l’herbe.

Après le ravitaillement, nous reprenons le chemin, sauf qu’Eric a perdu son téléphone pendant la descente…
On repasse par les endroits où on est passés dans le village en essayant d’appeler mais rien…

Du coup on prend quand même le chemin pour Marla et Eric demande à tout ceux que l’on rencontre s’ils vont jusqu’au Col des Bœufs (au cas où ils tombent dessus).
C’est après environs 100 mètres de dénivelé plus haut que l’on apprend que son téléphone a été retrouvé et que la personne qui l’a trouvé lui déposera au Col des Bœufs demain. Au moins c’est une bonne nouvelle !


Pour monter à Marla depuis la Nouvelle, le profil est montant. Au bout de quelques marches, j’en entends un du groupe qui dit « ça va monter encore longtemps comme ça? ».
Sachant qu’on a fait à peine 100 mètres de dénivelé sur les 600, je me dis qu’on n’est pas au bout de nos peines ! Si déjà il est au bout de sa vie, ça promet pour la suite.
Je lui réponds juste qu’il ne lui reste « que 500 de dénivelé » à faire pour aujourd’hui (mais qu’on va recommencer demain, et après-demain, et après après demain….😅).
Bref on continue notre chemin, qui serpente au bord du précipice parfois. J’adore. Il y a aussi quelques petits cours d’eau à passer. C’est ludique.


On bifurque par la Rivière des Galets pour se tremper les pieds (on n’a pas le temps de se baigner vraiment). Cette pause, bien que courte, aura vraiment valu la peine !
Ca fait un bien fou de se tremper les jambes.
J’ai adoré cette petite pause.

Photo @Laurent

On repart. Sauf que je ne prends pas le bon chemin… et qu’un du groupe (le même qui râlait quand ça montait) a préféré me suivre plutôt que d’écouter Eric (qui LUI est guide)…😅
Je l’entends batailler avec lui en disant « Mais non je ne sais pas pourquoi elle est allée par là elle, mais c’est à gauche qu’il faut aller! »…

Je crois que j’ai un admirateur !
Il a préféré me suivre moi, qui n’a jamais foutu un pied à la Réunion, plutôt que le guide… aie aie aie…
Là, je me suis dit que ce voyage allait être très long 😅
Bref, on en aura bien rit quand même avec Eric…

Nous sommes bientôt arrivés à Marla.
Et nous allons bientôt rencontrer les autres membres du groupe. J’appréhende vraiment.

A ce moment, on longeait un petit précipice, et je discutais avec Laurent (on était les 2 tout derrière et les autres devant). Et d’un coup, alors qu’on parlait tranquillement, en une seconde, Laurent disparait comme par magie, ….et tombe dans le précipice. Oui, vous avez bien lu : il tombe dans le précipice !
L’image a été choquante car en une fraction de seconde, je n’avais plus personne à côté de moi…. Un claquement de doigt et hop, fini 😂.
J’en rigole car tout s’est bien fini : j’ai eu le réflexe de le rattraper, heureusement qu’il n’était pas lourd, si ça avait été un autre, j’aurais dégagé dans le précipice (et 2 personnes de plus seraient actuellement portées disparues sur la Réunion), et Laurent a réussi à se sortir de là en se hissant.
J’avoue que mon premier réflexe a été de me marrer une fois Laurent remonté… car on voyait les autres du groupe bien devant et en fait, un drame aurait pu se jouer en 2 secondes sans que personne ne remarque quoi que ce soit….
Je les imaginais se retourner après 20 minutes et se rendre compte qu’il n’y avait plus personne…😂
Tout est bien qui fini bien. Même Laurent n’a pas su expliquer comment il était tombé… Bref là je me suis dit que si on revenait tous vivants de ce trek, ce serait un miracle.
Un grand moment !

Enfin, on arrive (vivants) à Marla.
On décide de s’arrêter dans un petit café et de boire un coup.
Là on rencontre Pascal, notre nouveau guide.
Il nous dit que les autres du groupe sont dehors sur la table.
On va tenter une approche…
J’arrive vers 3 filles en leur demandant « c’est vous qui êtes avec Pascal? », elles me répondent « Ha non, nous on est avec Jerome ».
Ah.
Ok… donc je repars.
Sauf que les autres membres du groupe étaient juste à côté (à 20 cm) et qu’ils m’écoutaient…mais ils n’ont même pas dit « Non c’est nous qui sommes avec Pascal! », rien !
Donc là je me suis dit que ça allait être difficile avec eux…J’ai tout de suite vu que ça ne fusionnerait pas facilement.

Finalement on s’assoie à côté d’eux quand même. On essaye de discuter un peu mais je vois qu’il y a très peu de répondant 😂. On n’est pas obligés de tous s’entendre de toute façon.

Après avoir bu un coup, notre groupe part en direction du gîte pour aller s’installer.

On prend possession de notre chambre à nous 6.
On se douche. Et on traine à discuter et rigoler jusqu’à l’heure du repas dans notre chambre. On se croirait presque en colonie de vacances.
C’est un très bon moment.

Puis l’heure du repas arrive.
A table, l’alchimie ne prend toujours pas. La réunification va être dure entre les équipes 😂 mais ce n’est pas grave, on va rester entre nous.
Après un bon dîner, Stephanie propose un « Punto », petit jeu de société.
On reste donc Stéphanie, Patricia, Laurent, Eric et moi (rejoints ensuite par Pierre, évidemment…).
C’était génial ! Je n’avais jamais joué à ce jeu mais c’était bien cool. C’est tout aussi sympa de regarder les autres jouer !

On part ensuite se coucher (avec petit arrêt devant la voie lactée !). Le ciel est magnifique et nous sommes dans l’hémisphère Sud donc les constellations ne sont pas les mêmes…
On repart au dortoir, j’avais plutôt envie de me marrer avec mes petits camarades que de dormir mais bon, il faut respecter ceux qui veulent se reposer !
La nuit s’annonce chaotique pour moi. Je sais que je ne risque pas de dormir beaucoup et qu’il faut ne pas faire trop de bruit…😅
Heureusement, j’ai pris ma liseuse.
J’ai lu une bonne partie de la nuit et j’ai même fini mon livre.

Vendredi 22 Avril 2022
La nuit a été courte.
Vers 6h, je vois une femme arriver dans notre chambre, complètement perdue… je vois à son comportement qu’elle ne comprend pas trop ce qu’elle fait là.
Je me rends compte que c’est une des filles de l’autre groupe… et je lui dis « Je crois que tu t’ai trompé de chambre » (on l’a dit en même temps avec Patricia), et là, on part d’un fou rire magistral 😂. C’était tellement énorme de la voir vagabonder comme un zombie…😂

Bref, on se lève et on part au petit déjeuner avant l’heure. Car finalement on n’aura pas beaucoup de temps pour se préparer. J’aime bien prendre mon temps le matin mais là, c’est un peu speed.
Il faut vite refaire les bagages et partir direction le Col du Taïbit.
On dit au revoir à Eric en quatrième vitesse, qui lui repart au Col des Bœufs chercher son téléphone.

Photo @Stephanie

J’ai à peine le temps de mettre mon sac qu’ils sont tous déjà partis… ça ne rigole plus depuis la réunification ! 😅
Ils ont tous l’air super pressés. Comme si on avait un train à prendre dans 1h.
Donc on suit le wagon, sinon on va se faire éliminer au conseil ce soir…


La montée est sèche. Il fait super chaud. On discute un moment avec Stephanie.


Puis je vois les nuages arriver, du coup je me décide à enclencher le turbo, hors de question de ne pas avoir de vue au Col du Taïbit !
Je double tout le groupe (sauf un qui était partit en 1er).
Ça fait du bien de pousser un peu son corps dans le rouge. J’avoue qu’il fait tellement chaud que j’ai perdu 10 litres d’eau au moins, mais ça m’a fait du bien.
Arrivée au col, la vue n’est pas celle que j’attendais. J’ai dû louper quelque chose.
Je reviens donc en arrière pour chercher la vue que j’attendais, et en fait, il y a un petit promontoire où la vue est sublime de l’autre côté sur le cirque de Mafate. Mais personne n’y allait.
Je me suis donc retrouvée seule quelques minutes avec cette vue sublime rien que pour moi avant que 2 jeunes n’arrivent.

Est-ce un Papangue au loin qui vole ?


Les filles arrivent pour voir la vue. C’est vraiment sublime.
Puis on redescend le col, direction Cilaos.
La descente est super longue (800 mètres de dénivelé).
Les paysages sont magiques ! Et je reste avec Stephanie et Laurent une bonne partie à discuter.

À un moment de la descente, je me suis retrouvée toute seule, je n’étais pas sure d’être sur le bon chemin mais bon, il n’y avait pas 40 solutions non plus 😅.
J’avais l’impression de ne jamais arriver à la route ! Ma montre n’avait plus de batterie donc impossible de savoir combien de dénivelé il restait à faire (Merci Eric de ne PAS m’avoir prêté ton chargeur 😠😅!).

Une fois en bas, je retrouve Patricia (qui était descendue rapidement devant en pensant qu’on était déjà partis). Elle me ressort une des phrases qui m’aura fait le plus rire du séjour : « Tu sais, en fait, je déteste marcher moi. » 😂
Tout va bien, …tu t’es inscrite sur un trek mais tu n’aime pas marcher 😂
Je ne m’en suis jamais remise !
Mais on en a discuté, et j’ai compris pourquoi elle me disait ça (en lien avec l’ambiance).

On attend les autres qui arrivent au compte-goutte.
En attendant le bus qui nous amènera à Cilaos, Pascal nous réserve le vol en hélicoptère. Patricia veut bien venir avec moi 🥰 car le parachute est trop cher ! Ça va être génial.

Arrivés sur Cilaos, on part manger avant d’attaquer la route des 400 virages pour descendre sur Bourg-Murat.
Il y a eu un changement de programme, on devait faire le Piton des Neiges en premier, mais on le fera finalement après le Piton de la Fournaise.

Les 400 virages sont épiques !
Cette route est sublime et impressionnante (encore plus en bus).


Les petits tunnels sont tellement étroits qu’on ne pourrait même pas passer une main par la fenêtre… ça passe tout juste. Ça, j’ai clairement moins aimé 😅.


Une fois les 400 virage négociés (la fin a été longue), on a repris le minibus avec notre chauffeur, David, pour rejoindre Bourg-Murat.
Sur la route, on s’est arrêtés au Décathlon de St Pierre car la plupart des gens du groupe n’avait pas pris de gants ou bonnet pour le Piton des Neiges (on verra plus tard que tous ces gants et bonnets auront grandement été utiles pour le sommet 😂).
Puis en fin d’après-midi, on arrive enfin à notre hôtel (les Géraniums). Les chambres sont top ! Le changement de programme nous donne deux nuits ici au lieu d’une… on ne va pas se plaindre !
Je partage ma chambre avec Patricia, on va bien se marrer 😊. Stephanie a une chambre individuelle.

Pendant le repas, Pascal nous dit qu’ils n’annoncent pas un super temps pour demain sur le Piton de la Fournaise…
Mais il indique aussi que nous sommes actuellement en alerte crues, et donc que potentiellement, on ne pourra pas monter au Piton des Neiges.
Là je commence à déprimer !
Les pitons sont vraiment mes objectifs du voyage ! Ce serait tellement dommage qu’on ne puisse pas avoir une vue ou pouvoir y monter… en fait je m’étais imaginer beaucoup de choses, mais ça non !

On verra demain… On part chacun dans nos chambres. Stephanie vient boire un thé vers nous avant de remonter dans sa chambre 😊.

Samedi 23 Avril 2022
Aujourd’hui, direction le Piton de la Fournaise !
Pour l’instant, il y a du ciel bleu.
On passe déjà par une belle petite forêt puis par la Plaine des Sables qui est magnifique.
La variété des paysages de cette île est vraiment surprenante.

La route est complètement défoncée, des trous partout. On met plus de temps que prévu pour arriver au parking.
En descendant du bus, il fait super froid, il y a de la brume. Je regretterais presque de pas avoir mis de pantalon 😅.
On a quasiment aucune vue ! Nous sommes dans le brouillard complet.

On descend ensuite dans l’enclos pour entamer notre randonnée hors des sentiers battus.
Je commence à apercevoir le beau Formica Leo au travers des nuages…
Il y a donc de l’espoir !

Et gentiment, le sommet du Piton commence à se dessiner… aurait-on de la chance avec la météo ???

Arrivés en bas, le temps s’éclaircit d’un coup et nous révèle le Piton de la Fournaise. L’endroit est vraiment magnifique !

Les nuages réapparaissent…

Petit arrêt par un tunnel de lave avant de monter au point de vue.


Bon je ne vais pas mentir, j’ai fait 5 mètres dans le tunnel, j’ai fait la photo et j’ai fait demi-tour 😅. Être sous terre est tout sauf mon élément ! Ca va 5 minutes mais clairement pas plus 😅. La panique me rattrape vite.
Je remonte illico pour laisser la place aux autres.
J’en profite pour vite aller voir le cratère Bory pendant qu’ils sont dans le tunnel.

Puis on prend le chemin pour le point de vue !
J’ai trop hâte.

En arrivant, le cratère est vraiment impressionnant ! c’est magnifique 😍.

On redescend ensuite pour manger un peu plus bas (je serais bien restée là personnellement, à contempler le cratère encore et encore).
Mais la vue sur des cratères en contrebas est aussi sympa là où on se décide à manger.

Puis nous reprenons l’itinéraire balisé pour revenir au parking.
Je profite de la fin de la montée pour parler un peu avec Pascal, sur l’ascension du lendemain en particulier…je lui expose mes inquiétudes sur la difficulté de la rando et sur différents aspects alentours.

Aujourd’hui, nous avons fait 12 km pour 600 mètres de dénivelé.

On rejoint ensuite les autres et reprenons la route pour l’hôtel.
C’est sublime…

Avec Patricia et Stephanie, on se décide à visiter le musée du volcan. On sera les seules à vouloir le faire (bon c’est vrai que l’idée de faire 25 minutes de marche en bord de route ne nous enchante pas mais bon…).

La visite est super intéressante. Le film du début nous a quand même achevé… on était fatiguées mais là c’était le coup de grâce ! Pareil pour un film super intéressant qu’ils passaient au milieu de la visite, on était super bien installées dans les fauteuils, j’ai cru qu’on ne repartirait jamais ! 😅 C’était hypnotisant de regarder la lave couler…
Après avoir fait tous les quizz du musée, on est reparties faire les 25 minutes de marche sur du bitume, sans trottoir. Certaines voitures roulaient comme des fous… c’était un peu dangereux.
Et enfin, on arrive (vivantes) à notre hôtel vers 18h.
Le temps de prendre une douche, d’aller voir le coucher de soleil, de piquer quelques fous rires qu’il est déjà l’heure de manger.

On a un musicien qui vient nous jouer quelques chansons ce soir, c’est cool.
Il nous dira même : « Oh, vous chantez bien, on voit que vous êtes un groupe soudé ».

Silence (il ne manquait que la boule de paille qui vole dans la salle comme au Far West).

On n’allait pas lui casser son intuition mais pour le coup, son sixième sens était vraiment mauvais 😅.

Après manger, on va dans la chambre de Pascal rechercher nos bâtons avec Patricia. C’est juste une zone sinistrée ! Un sauna. 😅
Chaleur tropicale pour sécher ses affaires, chaussures pendues au chauffage avec des cintres… du grand art ! 😅
Fou rire garantit.
Puis on part se faire une petite partie de Punto.
On a dit à Laurent et Stephanie de venir boire une petite tisane dans notre chambre avant d’aller se coucher 😊.
On prépare nos sacs pour les 2 jours à venir. Il ne faut rien oublier pour le Piton des Neiges (frontales, gants,…).

Dimanche 24 Avril 2022
C’est le grand jour pour monter au Gite de la Caverne Dufour !
Une grande journée de marche nous attend.
Après le petit-déjeuner, c’est Laurent (enfin je crois), un trailer bien sympa qui vient d’être recalé sur la Diagonale des Fous qui nous emmène au point de départ de la rando.
Vu qu’il n’y a pas assez de places dans le bus, il doit faire 2 trajets.
On sera les premiers. Mais on va se cailler en attendant la 2ème fournée 😅. Il fait froid, il y a un bon vent et la brume est arrivée.

Une bonne vingtaine de minutes plus tard, la 2ème partie du groupe arrive et nous partons enfin.
Le terrain est très gras, comme prévu.
Après quelques minutes, je me place en dernier du groupe histoire de me retrouver un peu tranquille.
Cela me permet de voir le rythme maximum et de me gérer comme je veux à partir de cette donnée. Je me mets dans ma bulle. La journée va être longue.

Evidemment, je ne suis pas tranquille très longtemps… il y en a un en particulier qui vient me parler toutes les 2 secondes et je sature.
Si je m’arrête pour boire, il s’arrête aussi.
Quand j’essaye de mettre un peu de distance, il attend…
À un moment, il me dit « Attention Emilie, il y a de la boue ».
Euh, merci, mais ça fait à peu près 2h qu’on patauge dans la merde, je crois que j’avais vu !
Enfin bref, ma patience ce jour-ci a été testée à son maximum.
Je me suis surprise à rester calme… enfin, en apparence.
Mais honnêtement, je préférais aussi rester derrière car il me faisait un peu peur (il aurait pu se foutre dans un ravin facilement / il dérapait et tombait de temps en temps). Pas habitué au trek, le terrain était quand même bien scabreux ! Même si l’idée de le perdre dans le ravin ne me déplaisait pas, j’aurais moins rigolé si c’était arrivé pour de vrai !
Comme quoi, j’avais quand même un peu de bienveillance à l’égard de tous…😅

La montée continue… il y a environs 1000 mètres à faire dans un terrain bien humide et technique.
J’ai trouvé ça finalement assez ludique car je me concentrais au max pour ne pas tomber, glisser ou me faire mal.
Après, je peux comprendre que ça a été compliqué pour certains (il y a eu quelques insultes sur ce magnifique sentier… des mots que je ne pourrais répéter pour cause de censure 😅). Ce n’était vraiment pas évident. Mais le groupe avançait assez bien au final.

On voyait parfois le Piton des Neiges au loin, avec le petit refuge en-dessous…
L’impression qu’il est juste à côté, tout en étant super loin (phrase inutile).

Après épuisement de bon nombre de participants, on s’approche enfin du refuge !
On aura mis 7h pour arriver.
Longue journée ! Presque 14 km pour 1000 mètres de dénivelé aujourd’hui.
On est tous contents d’être arrivés à cette étape.
Il fait beau et j’ai presque envie de demander à Pascal de partir directement au sommet du Piton (on ne sait jamais de quoi demain sera fait), mais j’ai peur de passer pour une tarée alors je m’abstiens.
Et puis c’est cool aussi de rester tranquille parfois.
Et demain ça va être top !

On prend possession de notre chambre. On a pas eu trop le choix des lits, car les autres du groupe se sont précipités pour choper les lits les plus pratiques.
Finalement, ils sont repartis dans un autre dortoir pour notre plus grand bonheur (il y en a 2 qui ronflent très fort apparemment / déjà que je ne dors rien dans le silence…😅).

On part sur la terrasse pour profiter un peu du soleil pendant qu’il y en a.


Patricia et Stephanie ne veulent pas tenter l’ascension du Piton demain matin 😓
Pierre n’y va pas non plus.
Il n’y aura donc que Laurent et moi de l’équipe A qui va le tenter 😅.

Puis c’est l’heure de manger. Le repas est super bon ! On est très peu au refuge cette nuit. C’est agréable.

Après une petite partie de Punto, on part se coucher, le réveil est paramétré à 3h55 pour partir à 4h30 faire l’ascension du Piton.
Au début de la nuit, j’avais super froid et je tremblais pendant une bonne heure. Mais après, le dortoir s’est transformé en sauna, je crevais de chaud. J’ai presque cru que j’avais le Covid 😅.

Vu que je ne dormais pas, je suis allée voir les résultats des élections présidentielles sur la terrasse (on ne captait que là) à 1h30.
Il pleuvait des cordes…ça n’était pas bon signe pour l’ascension 😓… mais bon, je me suis dis que d’ici 2h, le temps aurait peut-être le temps de changer (je sais, j’ai de l’espoir) 😅.

Lundi 25 Avril 2022
À 3h50, je me lève pour aller voir la météo : Pluie 😓.
J’en parle à Pascal en arrivant dans la chambre… il n’a pas l’air optimiste. Mince.
« Mais on tente quand même hein ?? »
Là, Laurent me dit que s’il pleut, il n’a pas envie d’y aller.
L’équipe A commence à ne plus ressembler à une équipe !

Petit déjeuner rapide et briefing. Effectivement les prévisions météo ne sont pas bonnes. Pluie annoncée toute la matinée… c’est une blague ? Ca fait 1 semaine que l’on voit le sommet du Piton dégagé !

Bon, on part dehors et on se met sur la terrasse en attendant Pascal, prêts à partir, dans une ambiance plombée.
Sauf que là, une du groupe arrive et nous dit « Pascal n’est pas optimiste pour le sommet ».
J’avoue, elle ne m’apprend rien là ! Oui il est pessimiste, qui ne le serait pas ? Mais par pitié, ne le faite pas nous dire qu’on ne le tente pas !

On part tous voir Pascal pour une petite réunion à la Réunion.
Il nous le dit clairement : « Soit on tente de monter 45 minutes pour voir si on passe au dessus des nuages et si ça ne s’améliore pas, on redescend. Soit on ne tente pas ».
Moi les 2 solutions ne me conviennent pas. Il n’y a pas l’option « Aller au sommet » tout simplement, sans se poser de questions ?
Quitte à être mouillés et à être levés, autant aller au sommet quoi qu’il en soit non ?
En gros Pascal redit « C’est soit on monte pour faire de l’exercice et avec très peu de chances d’avoir une vue, soit on ne monte pas du tout ».

S’il n’y a pas de danger à tenter… il faut le faire ! J’espère juste qu’après 45 minutes on ne va pas rebrousser chemin…

De là, surprise générale, tout le groupe dit « Non ben ça ne sert à rien de monter s’il n’y pas de vue, basta, on va se recoucher ». Je suis scotchée. Ils sont si faciles à renoncer ?
Moi je dis « non moi je veux tenter ! Pascal, j’y vais moi ! »
Et ils partent tous se recoucher. J’ai trop peur que Pascal m’annonce que la majorité l’emporte.
Je me retrouve avec lui, Patricia et Laurent qui sont levés aussi.
Je lui dis « Je suis désolée, mais vraiment je veux le tenter… ».
Je crois que c’est la dixième fois qu’il m’entend le dire en 20 minutes mais tant pis.
Du coup, il est obligé d’y aller…
Ca m’embête pour lui. Je sais que c’est son job.
Ca peut paraitre débile… mais pour moi, on a fait le plus dur ! On est au refuge, on s’est levés… il manque moins de 600 mètres de dénivelé pour grimper au sommet de l’océan indien !
Si j’étais restée chez moi toutes les fois où il pleuvait, je ne serais pas sortie beaucoup dans ma vie… Comme certains le disent « Il n’y a pas de mauvais temps, que des mauvais vêtements ».
C’est peut-être la seule et unique fois que je serais ici, je ne veux aucun regret.

À 4h36, je pars en solo avec Pascal, armés de nos capes de pluie, tels des superhéros (sans style) dans la nuit.
Patricia et Laurent m’encouragent et sont super contents pour moi de pouvoir y aller.
J’avoue que cette configuration là, je n’y avais pas pensé ! Je pensais vraiment que d’autres du groupe seraient motivés coute que coute !
Au fond, je ne vais pas le cacher, je suis ravie. Car on va pouvoir aller au sommet. Je le sais. Car même si la météo est pourrie, je pousserais pour aller toucher le haut du Piton !
Je ne laisserais pas le choix à Batman Pascal !

Batman des montagnes

On monte à un bon petit rythme, pas le temps d’avoir froid.
On discute de trail (il a été Finisher de la Diagonale des fous), de groupes, et de pleins d’autres choses (d’ailleurs il en a loupé l’embranchement de son chemin secret), quand soudain, à 150 mètres de dénivelé sous le sommet, je regarde au-dessus de nous : « Pascal regardes !!! On voit les étoiles !!! »
Je n’y crois pas… ça ne signifie qu’une seule chose : la persévérance paye !
On va avoir un lever de soleil de folie !

Pascal est un peu mal à l’aise car forcément, les autres vont être déçus… mais bon, ils avaient tous le choix ! Et ils ont choisi. Profitons de notre audace et de ce moment. On pensera aux autres plus tard…

Je n’en reviens pas. J’avoue que j’y croyais peu.
Le ciel est en feu. Le jour va bientôt apparaitre…

Je vois les frontales des courageux danser dans la montée du Piton derrière nous. Tout ces gens qui ont également eu le courage de grimper malgré la météo pourrie seront tous récompensés de leur effort.

J’ai l’impression d’avoir changé de monde en un laps de temps réduit.
Passer de la pluie battante à la mer de nuages, c’est assez chouette comme sensation.

On arrive au sommet, en environs 1h35. Il fait froid, il y a du vent, on est trempés mais je suis trop contente…
Je n’ai même pas de mot. C’est juste magique !
Je ne ressens pas du tout l’altitude (on est à 3070m). Je n’y avais même pas pensé en fait. D’habitude à 2500 m je commence à peiner mais là rien du tout.

Avec cette pluie du début, je suis complètement trempée et je sens que je risque d’avoir vite froid.
Je rajoute donc juste ma doudoune et remets la gore-tex par dessus mes habits mouillés. C’est désagréable mais je n’ai pas d’autres choix.
Les gants sont clairement obligatoires (heureusement qu’une bonne partie du groupe en avaient acheté à Décathlon quelques jours avant 😅, je dis ça, je dis rien).

Puis je pars faire des photos dans les moindres recoins de l’espace (Francis Cabrel).

Bon ma photo au sommet n’est pas terrible (un léger contre-jour), mais le pauvre Pascal avait les doigts congelés de prendre les photos alors je n’ai pas insisté pour en faire trop 😅.

On va se mettre un peu plus loin, pour s’éloigner des gens pour attendre que le soleil perce.

Et enfin, il arrive ! 😍
Ca réchauffe tout de suite un peu !

À ce moment-là, je crois que je ne pourrais pas être plus heureuse.
Je savoure avec encore plus d’intensité.
Le fait d’être partie sans rien attendre en retour et d’avoir ce lever de soleil devant les yeux en cadeau, c’est juste une sensation unique. Merci la Nature ! Merci Pascal de m’avoir emmené !

On reprend la direction du refuge après 30 minutes passées au sommet.
En descendant, on fait quelques arrêts photos. C’est juste sublime !

Cascade de nuages magnifique


Après une petite heure de descente au pas de course, nous voici de retour au refuge avec un accueil bien particulier.
Il y a un des membre du groupe B qui nous tombe dessus directement « Vous auriez pu dire que vous étiez partis ! Je serais venu aussi ».
Euh ? Je lui réponds « Attends, tu étais là quand j’ai dit que je montais quoi qu’il en soit.. ».
Mais soit disant qu’il n’a pas entendu qu’on y allait quand même. Il a peut-être pensé que Pascal aurait refusé de m’amener ?
Bref. Gros malentendu…

Au refuge, je croise les filles et Laurent qui sont super contents pour moi. Ca fait trop plaisir.
Certaines personnes qui sont parties de Cilaos le matin-même en mode trail, trempées et qui ne sont finalement pas montées au sommet, me demandent de voir les photos.
Certains de l’autre groupe arrivent et les voient, forcément, ils sont dégoutés.
Alors en soit, je comprends. D’ailleurs j’avais proposé à Pascal de mentir et dire qu’on avait rien vu… je pense que ça aurait évité bien des soucis.

Je passe l’épisode ou Pascal s’est fait engueuler d’être parti m’emmener au Piton par une autre personne du groupe B…

Je me sentais un peu coupable vu que c’était de ma faute si on était montés… mais bon après, tout le monde a eu l’opportunité de tenter…et personne ne l’a saisi. Point final.
C’est toujours plus facile après-coup, une fois qu’on sait qu’on a loupé quelque chose de sympa, d’aller dire que c’est la faute du guide qu’on ne l’ai pas vu.
J’avoue que ça m’a vraiment énervé.

C’est dans cette chouette ambiance détendue et joviale 🥳 que nous descendons sur Cilaos par quelques milliers de marches.
Il faut avaler les 1300 mètre de dénivelé sur 7km.


Arrivée en bas, je sens un peu la fatigue de la journée 😅 et ce n’est pas fini, on doit rejoindre Cilaos à pied par la route. Mais le plat nous fait finalement du bien aux jambes (enfin pas pour tout le monde : Laurent boite déjà et là, c’est le coup de grâce pour son genou. Le peu de cartilage qu’il lui restait s’est volatilisé le long de la route 😅).


On va manger dans un super restaurant à Cilaos avant de reprendre la route des 400 virages.


Rebelotte, la route, les mêmes virages, les mêmes petits tunnels, les arrêts des locaux qui tapent des mains pour signaler l’envie de s’arrêter…


On arrive enfin à Saint Gilles en fin d’après-midi.
Fini le groupe, on va pouvoir respirer et faire chacun ce que l’on veut pendant 2 jours !
Il reste encore une soirée à faire avec tout le monde ce soir.

On part déjà sur la plage avec les filles pour profiter un peu les 3.
La compagnie pour le vol en hélico m’appelle pour annuler le vol prévu le lendemain matin… on est un peu dégoutées, surtout qu’on les avait appelé 20 min avant pour confirmer le vol. C’est repoussé au lendemain, on croise les doigts !

Après notre petite promenade (où on a ramassé une tonne de merdes le long de la plage), nous profitons des derniers rayons de soleil avant de partir se préparer pour la dernière soirée au resto avec le groupe.

David (notre chauffeur sur quelques trajets) vient nous chercher pour aller au restaurant, situé en bord de plage. Super sympa ! On y a très bien mangé.
Je suis à côté de Pascal qui me montre son programme sur Mayotte et Rodrigues. Ca donne envie aussi ! Encore un voyage à rajouter à la liste…
On discute aussi avec David qui nous parle de l’Inde.
La soirée a été très sympa.
Puis c’est l’heure de partir.
Demain, on a la journée libre. On a donc prévu une journée filles + Laurent 😅. Et le soir, on revoit notre premier guide, Eric pour manger avec lui.
Je suis quand même un peu fatiguée. La journée a été très longue.
Au final j’ai fait environs 14 km pour 600 de D+ et 1800 de D-.

Mardi 26 Avril 2022
J’ai pas trop mal dormi, pour une fois, même si c’était trop court.
On file au petit déjeuner puis on prend le bus pour Saint Paul avec Stephanie, Patricia et Laurent où on va aller récupérer la voiture de location de Stephanie. Elle devait la louer à partir du lendemain, mais elle l’a pris une journée avant pour qu’on puisse bouger. Trop sympa.
On part donc à bord de la toute nouvelle voiture (qui n’a que 300 kilomètres au compteur) pour le Cap Noir.
Les routes sont belles. Un peu serrées par endroit… d’ailleurs on va se prendre un camion 😅. Chacun était sur sa voie mais c’était vraiment étroit. Du coup on a du faire un constat… bon le mec était super sympa et il n’y avait pas tant de casse que ça.


On arrive finalement au Cap Noir et après une vingtaine de minutes à pieds, nous arrivons au point de vue. C’est juste époustouflant.

Vue sur le Piton des Neiges

En repartant, on tombe sur une grosse araignée.

On repart pour visiter un temple Tamoul à Saint-Paul.

On va ensuite manger sur le port puis se poser un coup à la plage des Brisants.

Pendant que Laurent et Stéphanie gardent nos affaires, on part se baigner puis marcher avec Patricia le long de la plage. C’est tellement agréable…

Après un bon moment de détente à écouter de la musique et à discuter sur le sable les 4, on commence à rassembler les affaires pour rejoindre notre hôtel.

Après la douche, on part à pieds direction le restaurant Manta. C’est Eric qui a choisi (car nous on ne connait rien ici 😅). Le resto est super chouette !
Il y a Sébastien Folin à une table qui fête son anniversaire.

On raconte un peu nos péripéties. C’est une chouette soirée et on a super bien mangé et rigolé !
Eric nous a aussi raconté des histoires de disparitions sur l’île. Ca me passionne 😅 !

On part se coucher, demain c’est hélico donc levées à 6h…

Mercredi 27 Avril 2022 🚁
On se lève à 6h avec Patricia. On prend un petit déjeuner et à 7h20, la navette Helilagon vient nous chercher devant l’hôtel.
J’ai trop hâte de voler !
En arrivant, on découvre avec une bonne surprise qu’on a été upgradées (car avec la hausse des carburants, le tour était 30€ de plus).

Notre pilote vient nous chercher. On fait déjà quelques photos avant de monter.

Puis le pilote nous réparti dans l’hélico.
Par chance on se retrouve toutes les 2 devant. C’est la meilleure place !


On survole déjà le lagon puis on entre dans les terres…
La sensation est juste magique.
Voir de haut les endroits où l’on a randonné, c’est juste extra !

Nous regagnons la terre ferme après ces 45 minutes de vol incroyables.
On est conquises, c’était absolument magique !

On repart boire un café à l’hôtel où l’on retrouve Stéphanie.
On va aller faire du snorkelling ce matin à la Saline les Bains.

Je laisse les filles commencer pendant que je surveille les affaires.
Puis c’est à mon tour d’aller à la recherche des poissons.
Au bout de 3 secondes, j’en vois déjà de super beaux ! Je suis vraiment étonnée mais c’est un vivier ici ! L’impression d’être dans un aquarium.

On profite au maximum de cette dernière journée…
On va manger ensuite au restaurant « Chez Rosa » le midi.
On repart après au Lagon Saint Gilles se poser sur la plage et boire un coup aux « Balançoires », petit café en bord d’océan pour un moment entre filles bien sympa.


Vers 16h30, on revient à l’hôtel pour se changer, ils nous ont laissé une douche à dispo.
À 17h, les autres du groupe partent en bus. On dit au revoir à certains.
On part ensuite boire un coup avec Pascal vers la piscine de l’hôtel. C’est lui qui va nous emmener à l’aéroport ! Trop sympa.

On quitte l’hôtel vers 18h30.
Pascal a pris une voiture qui me semble un peu juste pour emmener 4 personnes qui ont chacun une grosse valise et un sac cabine…On a passé quelques minutes à trouver la meilleure combinaison possible pour tout faire entrer comme dans Tetris.
Finalement, il a mis Patricia devant avec sa grosse valise à ses pieds 😅

On dit au revoir à Stéphanie 😢, qui reste encore 10 jours ici et puis nous partons pour l’aéroport.
C’est vraiment trop court, j’aurais du rester plus ! Je n’ai pas envie de partir car je suis restée sur ma faim…

Pascal nous dépose à l’aéroport, on lui dit au revoir et nous allons enregistrer nos bagages.

On reste Patricia, Laurent et moi à faire quelques achats avant de pouvoir aller à notre salle d’embarquement.
On pique un fou rire dans la file d’attente avec Patricia, tout le monde nous regardait…. je pense qu’ils se disaient tous « Hé merde, elles vont être dans notre avion celles-là ».

Dommage avec cette compagnie, on a pas pu choisir nos places et on ne sera pas du tout ensemble.

On embarque. Je dois partir en premier car je suis tout à l’arrière de l’avion (il parait que c’est là qu’on a le plus de chance de survie en cas de crash. Merci French Bee). Par contre, vu que je suis coincée entre 2 personnes, ce n’est pas sure que je survive même si aucun crash ne se produit 😅.

Je suis bien crevée, j’espère pouvoir dormir un peu. Il est déjà 22h30 lorsque nous décollons. Je commencerais bien à tenter de dormir, mais je ne veux pas louper le repas.

J’ai commencé le film sur les sœurs Williams mais j’étais trop fatiguée pour le finir. J’ai réussi à m’assoupir… j’étais bien contente vu que j’étais bloquée sur mon siège.

Finalement le vol est passé assez vite. Le plus long a été d’attendre qu’ils ouvrent les portes de l’avion.
J’étais complètement KO, mal partout…
On était bien en retard sur le planning. Je discute avec un jeune qui a un enterrement dans 1h, ça risque d’être un peu juste d’arriver à temps !

On sort enfin de l’avion. Je vais attendre ma valise. Je retrouve Laurent. Puis on attend Patricia.
À la sortie de l’aéroport, mon bus pour le parking est déjà là. Je cours dire au revoir à Patricia et Laurent en 2 secondes chrono. Puis je monte dans mon bus.

Voilà, c’est fini. Je n’ai plus qu’à prendre la voiture pour refaire les 4h30 de route.
Je suis fatiguée. D’ailleurs j’ai pris une contravention 😅. Mais je suis arrivée à la maison comme prévu.

📝 Bilan 📝:
Aucun regret d’avoir choisi cette destination ! Le seul regret que j’ai, c’est de ne pas être restée plus longtemps…
Le surnom de l’Île Intense lui va si bien.
Le circuit a permis d’avoir un réel aperçu de ce que l’île a à offrir.
Des montagnes abruptes comme j’aime, une végétation plus que dense, des cascades somptueuses, des volcans à gravir… bref, le jackpot sur une île de seulement 2500 mètres carré, 4 fois moins grande que la Corse.
Comment j’ai pu attendre aussi longtemps pour y aller ?

Malgré tout, ce voyage a été un réel challenge.
Pas physique, mais mental, comme énoncé plus haut.
Il a fallu dépasser le fait que le groupe ne soit pas ce que j’imaginais. Ma patience a été mise à rude épreuve. Je n’ai évidemment pas tout raconté dans cet article.

Le réel challenge a été de se focaliser coûte que coûte sur le positif. Et il y en avait des choses sympas !
En plus des paysages époustouflants, il y a eu des personnes que j’ai rencontré sur ce séjour qui ont clairement contrebalancé le négatif. De réels coups de cœur amicaux. Grâce à eux, j’ai pu me concentrer sur ce qu’il y avait de bon pour rendre ce voyage incroyable et inoubliable.
(Ils se reconnaitront en lisant cet article, car je leur ai transmis l’adresse du blog : MERCI à vous 😍!)

La Réunion est juste magique. Je ne m’attendais pas à avoir autant aimé. Je suis clairement restée sur ma faim.
Je reviendrais, c’est certain, pour entre autres, réaliser de nouveaux challenges !




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